Jules et le train de Noël
Le train qui n'avait pas d'heure
Il faisait presque nuit, et la neige tombait doucement sur la voie ferrée.
Jules se tenait devant le passage à niveau, bien droit, son bonnet rouge enfoncé jusqu'aux sourcils. Sous son bras, il serrait Moustache, son vieux lapin gris qui avait perdu une oreille. À côté de lui, la petite Lou, quatre ans, s'accrochait à son manteau. Elle le suivait partout, même jusqu'aux trains.
Les barrières se baissèrent. La sonnerie se mit à tinter : ding, ding, ding.
- Il est exactement cinq heures et quart ! annonça Jules.
- Personne a demandé, dit Lou.
- Je sais, répondit Jules. Mais c'est important de le dire.
Le premier train arriva en faisant trembler le sol. Jules leva le doigt et se mit à compter, comme il le faisait toujours.
- Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit !
Le dernier wagon passa. Les barrières se relevèrent.
- Huit wagons, dit Jules d'une voix fière. C'est un bon train.
- Un bon train, répéta Lou, très sérieuse.
Moustache ne dit rien. Il n'avait qu'une oreille, mais il écoutait très bien.





